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Dimanche 17 avril 2005

La petite maison dans la prairie - page 3

La prairie
Nos voyageurs entreprirent la traversée de l'Iowa en direction du Missouri. Avant leur départ, Charles Ingalls et Henry Quiner avaient acheté des terres dans le Missouri à un certain Adamantine Johnson qui était banquier et exportateur de tabac. Ils avaient signé des billets à ordre d'un montant de 900 dollars pour 80 acres de terrain chacun.
Ils atteignirent enfin le Missouri, mais ils continuèrent à rouler jusqu'au moment où ils trouvèrent les rives supérieures de Yellow Creek. A 3 kilomètres au-delà de la ville, sur un affluent de Yellow Creek, Charles tira sur les rênes. Les chariots s'arrêtèrent. Ils étaient arrivés à bon port. Devant eux s'étendaient des prairies dorées.
Caroline remarqua surtout qu'il n'y avait rien : pas de route, pas de maison et pas d'école.
Mais tout le monde se mit au travail.
L'hiver vint. En février, Laura fêta son second anniversaire.
Le printemps arriva et ce fut le temps des semailles.
Enfin, comme l'été prenait fin, deux choses se produisirent.
D'abord, l'homme qui avait acheté la petite maison dans les grands bois ne fit pas les paiements qu'il avait promis de faire à Charles.
En août 1869, Charles obtint d'un avoué une procuration autorisant son père à défendre ses intérêts à Big Woods. Et Lansford se rendit à la petite maison dire à Monsieur Gustafson qu'il devait payer sa dette ou libérer la terre pour qu'elle puisse être vendue.
Au cours de cet été, Charles et Henry décidèrent de ne pas rester à Yellow Creek.Henry et Polly Quiner choisirent de retourner à Big Woods.
Charles, lui, voulait les prairies du Kansas.
Le 1er septembre 1869, Charles, Caroline, Mary et Laura arrivaient à Keytesville, le siège du comté de Chariton (Missouri).
Là, la procuration de Charles fut légalisée devant l'avoué et prête à être adressée à Big Woods.
La saison était en retard et il fallait se remettre en route.
Ils traversèrent la vaste prairie du Kansas dans le chariot tiré par les mustangs Pet et Patty, tandis que Jack, le bouledogue, les suivait.
Soudain, le chariot s'arrêta. Devant lui s'étendait Verdigris River et derrière, sur les falaises basses, se tenait une petite agglomération de maisons faites de paille et de troncs d'arbres. La famille approchait de la fin du voyage.
Ils traversèrent la rivière et arrivèrent à la petite ville aux maisons de paille et de bois. Elle venait de surgir de la terre et s'appelait Independence. Le premier magasin, une épicerie générale, s'était ouvert une semaine plus tôt.
Après avoir pris quelques renseignements, Charles conduisit sa famille sur la prairie, à environ 20 kilomètres d'Independence, près de Walnut Creek.
Sur la prairie, Charles passa plusieurs jours à transporter du bois pour construire une petite maison. C'était une dure besogne. Puis un jour, ayant assez de grosses bûches (50 environ), Charles commença la construction.
Quelques voisins ne tardèrent pas à venir s'installer à proximité de la petite maison. Parmi eux, un type chimérique du Tennessee, un certain Monsieur Edwards, aida même Charles à finir sa petite maison construite en solides billes de bois.
Cette maison était bâtie sur le territoire Indien et les Indiens Osages ne manquaient pas de le rappeler à ses occupants en venant leur rendre visite.
Au début de l'année 1870, les Ingalls se rendirent à Independence. Charles n'avait pas encore pu payer à Adamantine Johnson la terre qu'il lui avait vendue. Sa dette s'était élevée et se montait à 1080 dollars. Mais Monsieur Johnson consentait à oublier cette dette, si Charles voulait bien signer qu'il lui retournait la terre. Charles fut heureux de l'accord et alla signer les papiers.
Un jour, en juin, Laura ne se sentit pas d'humeur à jouer. Elle avait les jambes douloureuses et même au chaud soleil, elle avait très froid et très soif. C'était le début de la fièvre intermittente qui, sans tarder, devait toucher Charles et Caroline.Le Docteur Tann les sauva en leur donnant à avaler de la quinine. Cette fièvre était provoquée par les moustiques et est, de nos jours, appelée malaria.
Le troisième jour d'août, Charles emmena Mary et Laura se promener dans le camps indien pendant que les Osages étaient à la chasse. Tous les trois, ils passèrent l'après-midi à tout inspecter. Puis le soleil commença à descendre vers la terre estivale. Il était temps de rentrer.
Quand ils arrivèrent, Madame Scott, leur voisine, se tenait sur le seuil de la porte en souriant. Caroline était enfouie dans le lit. Et avec elle, les filles virent un bébé minuscule, une petite sœur avec un visage aussi rouge qu'une feuille de Sumac et des cheveux aussi noirs que ceux d'un Indien. On lui donna le prénom de sa maman : Caroline. Mais tout le monde l'appela Carrie.
A peine deux semaines plus tard, un fonctionnaire vint à cheval pour faire le recensement. Il s'appelait Asa Hairgrove. Il inscrivit Charles, Caroline, Mary, Laura et bébé Carrie comme la 90e famille dénombrée. Charles fut inscrit comme charpentier et non pas fermier.
Une case avait été prévue sur la feuille de recensement pour y inscrire la valeur de la terre possédée par chaque personne ; mais elle était demeurée vide, et une note inquiétante était écrite en travers de la colonne : « La raison pour laquelle aucune valeur n'est portée ... est que les terres appartiennent aux Indiens Osages, et que les colons n'ont aucun droit sur ces dites terres ».
Durant tout l'été, la menace des Indiens grondait. La nuit, des chants inquiétants s'élevaient. Tout le monde craignait de les voir passer à l'attaque.
Un jour de septembre, avant le début de la chasse d'automne, les Osages acceptèrent un nouveau traité. Ils devaient partir pour toujours.
Durant des jours, ils défilèrent ; puis un certain jour, ils suivirent la vieille piste Indienne. Ils chevauchaient silencieusement, passant près d'une petite maison sur la prairie ; un homme et une femme les regardaient, ainsi que deux petites filles, Laura et Mary, et un bébé qui s'appelait Carrie. Ils les regardèrent jusqu'au moment où le silence retomba et où ne resta plus que la prairie vide et la poussière et la vieille piste qu'ils avaient suivie. Les Indiens ne revinrent pas.
Durant l'hiver, toute la famille Ingalls, à l'exception de Carrie, attrapa la coqueluche. Une fois encore, le Docteur Tann réussit à guérir tout le monde.
Puis, un jour, un voisin en provenance d'Independence vint apporter une lettre. La lettre venait de l'homme qui avait acheté la petite maison de Big Woods. Il demandait à Charles de reprendre la maison et la ferme. Il disait qu'il voulait aller à l'ouest et refusait de finir de payer ce qu'il devait encore.
Ainsi, Charles décida de rentrer à Big Wooods. On chargea le chariot et la famille Ingalls prit la route de l'est.
- Publié dans : notre enfance
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